Pierre Gonzales iz neR : Poésie et écritures

Lituraterre…

(texte en cours, modifications fréquentes)
Pour une poètique de l’espace
Questions :

– La marche peut-elle être une écriture poétique et comment cette écriture, pense, déconstruit & repense le paysage, les territoires ?
– Quels sont les modes d’écritures poétiques qui sont susceptibles de modeler, cartographier, sublimer ces territoires ?
– En quoi une poétique de l’espace inaugure une nouvelle forme de recherche expérimentalement mais aussi théorique ? – Qu’est ce qui résonne dans le terme de « territoires »

Il y a un côté évident de l’influence de nos déplacements, de nos cartographies, y compris imaginaires, dans la construction de notre espace vital et politique. Tous nos parcours, et même leurs projets, ont ou peuvent avoir une influence sur l’environnement. Environnement vu comme espace global, humain, construit et naturel, et mais aussi (pour ce qui en reste ?) de hors humain… La poétique de l’espace est une approche plurielle, une écriture(s) volontaire mais aussi balbutiante, pour commencer à penser ces nouvelles écritures, du local au planétaire, dans une démarche de performance exploratoire. »

Vu du côte, de l’habitant humain : de son quartier ou autre lieu de vie immédiat à sa représentation de la planète et même au-delà maintenant, et de l’activité effective que chacun y déploie ; et bien sûr de leur croisements, de leur somatisation sur le « territoire » global et dynamique qui en résulte.

Cela est déjà vrai pour les animaux, dont l’activité structure la nature, la modèle, et c’est bien sûr encore plus vrai pour l’Homme(s) et sa sapiens problématique.

Ce qui nous intéresse ici est un focus sur l’aspect poétique de cette sommation, de cette terraformation : lecture, découverte, invention ? Qu’en est-il ?

Quand je dis poétique, il faut y entendre le projet d’une part, de la partie la plus ‘inventive’ la plus libre, d’une forme avancée de l’activité artistique, mais aussi humaine, de langage, toutes disciplines confondues.

Comme il y a en productique et conception de produits, un design global, versus un design d’espace. Il y a une poétique, ou une poésie conceptuelle, plurielle qui peut s’autoriser de la marche (déjà Rimbaud allait sur les chemins) de jardiner, travailler avec des urbanistes, des randonneurs, squatter, occuper, explorer, découvrir, révéler. Une liste d’activités qui peuvent y être associer, voir réarticuler, qui forcément n’est pas close.

Nous parlons aussi, par conséquence, saisissement, d’une poésie qui est aussi de fait, forcément, logiquement, rimes avec une approche du politique. La poétique rejoint là les enjeux de toutes pensée exploratrice conséquente avec ses enjeux, comme la philosophie, ou la recherche fondamentale.

Car penser les territoires, vouloir en écrire quelques chose, voir même aller plus loin et proposer qu’il est possible de les écrire, même si il s’agissait de défendre une vision idéaliste de la poésie (ce qui n’est pas mon cas), c’est forcément rencontrer la question de se qui peut se faire ensemble, de ce qui peut faire parcours. Car aller sur les chemins même seul, fait à un moment retour. Et certainement encore plus à notre époque (si ce n’est pas devenu quasi impossible).

Cette poésie exploratoire (appelons la comme ça), Gilles Clément en est un représentant, un pionnier, une référence . Comme cette poésie est foncièrement plurielle, d’autres pistes en ont déjà été explorées, défrichées. Je ne vais pas ici en écrire la liste, mais je vous propose tout de même que nous en fassions prochainement.

Ce qui me retient actuellement, en ce moment, c’est de proposer une carte poétique que nous voulons écrire, à plusieurs. C’est, ponctuellement, un projet de Parcours métropolitains sur l’agglomération lyonnaise. Mais, ce projet, bien sûr, tisse déjà des liens possibles avec d’autres parcours. Et comme projet, il n’est pas non plus des moindres. Cette écriture, elle devra se faire à plusieurs.

Pour en revenir à mes questions, ma proposition d’un début de définition d’une poétique de l’espace : Cette poétique, tout d’abord, je ne l’invente pas. Certains la pratiquent déjà en poètes, d’autres en sont les Monsieur et Madame Jourdains, heureux d’en être, et toute cette inspiration se balade, batifole, se distrait, flâne, lanterne, musarde, se promène, baguenaude, sort des sentiers battus et les redécouvre, perd son temps et le reconquit, va sur et en franchit tous les jours les contours, les sources, les limites, mais aussi les creuse et parfois les néglige.

Il y a aussi, que nous avons un problème avec ce mot de territoire, pluriel, souvent, mais aussi concret, peut-être pas assez abstrait pour en penser les contours, l’ouverture. Et c’est bien une de ces particularité. Le territoire, c’est la carte et c’est beaucoup d’autres choses, concrètes, mobiles et structurantes, c’est aussi des habitants, des flux, un environnement, … Aussi la carte, les cartes d’un territoires, peuvent sembler plus proches de l’écriture, que le territoire lui-même. Mais c’est aussi à l’aspect performatif, la marche et tous les gestes concrets qui s’y déploient et s’y préparent, que nous voulons ‘poétiser’ ou du moins que nous voulons proposer comme prospective poétique, sous forme d’ateliers, d’explorations, dont découleraient une carte, même plusieurs, ou encore d’autres choses, d’autres perspecpectives.

Dit comme ça, on ne serait pas très loin d’une vision proche d’un projet de terraformation, versus sa poétique. Part de rêve et de pensée formelle, initiale, dont le projet passerais par en découvrir les vocabulaires, les alphabets, et même encore d’autres langages, de nouvelles articulations. Pourquoi pas ?

Se proposer comme projet, une poétique, tout de même un peu nouvelle. c’est aussi en explorer l’au-delà de la limite de ce qu’on peu d’ors et déjà en percevoir, même comme virtualité.

Cette approche, ce rêve éveillé, redevient une poïésis (terme proche de praxis, voir même de pragmatique) par les propositions formelles, performatives qu’elle est susceptible « d’écrire » de réaliser, de mettre ne parcours et en paysages.

Je pourrais dire propositions artistiques, mais quelque chose me retient. Il me semble que quelques chose va plus loin que l’acte artistique dans cette recherche, cette approche, cette lecture, écriture des possibles ouverte sur l’exploration du terrain.

.

Peut-être faut-il le trouver une de ses premières réussites, de cette proposition poétique, que quelque chose effectivement s’écrit déjà, se déplace. Et dont ce doute artistique est le signe.

Quelque chose se déplace effectivement quand on se propose d’écrire les territoires. Même modestement. Car si nous parlons, en gros, d’une des activités essentielle de la vie humaine, pour le dire autrement, nous évoquons des implantations et des mouvements d’êtres vivants, des transformation que nous sommes capables d’opérer en tant que tels, nous êtres sociaux et doués de la faculté non seulement du langage mais de son invention.

Et qui de plus, sommes arrivés au stade civilisationnel d’en modeler l’environnement qui nous abrite certes, mais que nous nous sommes presque intégralement approprié. Je garde ce presque, pour – comment dire – en respecter, y garder un doute, de cette emprise.

Mais pour autant, ce doute, pour moi n’est pas celui qui relativise, en refuse l’influence. Pour moi, nous sommes effectivement à ce stade d’emprise sur le monde. Sur Terre, c’est entendu. Négativement par le déchet, pour résumer. Positivement, bien que ça reste à démontrer, par l’aménagement. Car aménageur, même presque sans rien faire, nous le sommes.

Et donc, pour en revenir à la part de création qui nous incombe, et que nous désirons souvent vivement, il me semble que parler d’arts est devenu, à ce stade d’emprise sur notre environnement, comme parler d’un secteur, d’une filière de l’activité humaine.

Seule une approche poétique, qu’implique la notion d’écriture, plurielle pour l’ouvrir à la transdisciplinarité, permet d’en rouvrir les perspectives.

Sinon, il nous faudra parler de design d’espace, des territoires. Pensé dans une perspectives plus ou moins englobante, selon un cahier des charges élaboré par projet.

Je dis tout de suite que je ne suis pas opposé à une approche par le design. En tant que métaphore d’un faire qui se pense, le design s’est élevé jusqu’à la recherche, appliquée.

Je propose que poétique, la recherche poétique, elle, soit vue comme une part de la recherche fondamentale, pour sa part la plus inventive, exigeante, d’exploration cognitive. En charge également de penser le monde, soft performante en quelques sorte.

Dans les projets concrétisés cependant, des parcours formalisés, nous retrouvons une association de ces approches et de leur réalisations, avec d’autres réalisation et mises en pratiques ; culturelles, sportives, artistiques, techniques, associées au tourisme ou autres

Aussi pouvons nous parler de laboratoire et de pratiques collaboratives, participatives, partagés, qui sont susceptibles de nous aider à mieux penser et vivre notre emprise sur notre monde, de l’adapter, la rendre vivable.

Car poétiser le monde, s’est, plus que jamais, le rendre vivable.

Je m’en tiens là pour l’instant. je déclare pour ma part ce laboratoire poétique ouvert, et je pense que nous allons en trouver ensemble quelques rimes et pas mal d’a-musement.

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